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L'Union Soviétique et les centrales nucléaires en 1986
Le programme nucléaire soviétique était en plein développement. Au moment de l'accident, ils disposaient de 43 réacteurs, fournissant la puissance de 26 milliards de watts (26 gigawatts). D'autre part, 34 autres réacteurs étaient alors en construction, pour apporter 36 milliards de watts (36 gigawatts). Il est intéressant de noter que, déjà à cette époque, les soviétiques se tournaient vers les réacteurs à eau pressurisée (PWR) plutôt que les RBMK. Peut-être était-ce déjà l'aveu de l'obsolescence du réacteur RBMK...
Qu'est-ce qu'un réacteur nucléaire ?
En résumant rapidement, un réacteur nucléaire est une bouilloire qui, en faisant bouillir de l'eau, produit donc de la vapeur, et cette vapeur est ensuite utilisée pour entraîner les turbines qui feront tourner les alternateurs qui produiront l'électricité. Une centrale nucléaire fonctionne exactement de la même manière qu'une centrale électrique "conventionnelle", sauf que l'énergie pour produire la vapeur est fournie par la fission thermonucléaire plutôt que par du charbon, du gaz ou du fuel.

Schéma très simplifié d'une centrale nucléaire
Globalement, tous les réacteurs fonctionnent sur le même principe, assez simple d'ailleurs : des neutrons brisent des atomes d'uranium. Cette action produit de la chaleur et de nouveaux neutrons qui vont permettre d'entretenir la réaction. La chaleur produite pendant la réaction va échauffer de l'eau et la faire bouillir générant de la vapeur, et l'énergie de cette vapeur va entraîner une turbine couplée à un alternateur qui produit l'électricité.
La haute vitesse des neutrons ne permet pas d'entretenir une réaction en chaîne. Du fait de cette vitesse élevée les neutrons auraient peu de chance d'atteindre un atome d'uranium. Aussi, dans tous les réacteurs, on utilise un élément appelé "modérateur", dont le but est de ralentir les neutrons afin de leur permettre de toucher leur cible, les atomes d'uranium. Ce modérateur peut être de l'eau légère (notre eau domestique H2O), de l'eau lourde (une variété d'eau avec une proportion élevée de deutérium, un isotope de l'hydrogène, dont la densité est d'environ 1,1), du graphite comme c'est le cas des réacteurs RBMK. La quasi-totalité des réacteurs occidentaux utilisent de l'eau légère ou de l'eau lourde.
Bien entendu, il faut pouvoir contrôler la réaction dans cette "bouilloire". Un réacteur est stable quand il consomme autant de neutrons qu'il en produit. Si le réacteur a besoin de plus de neutrons qu'il n'en produit, il s'arrêtera, et s'il produit plus de neutrons qu'il n'en consomme, la puissance augmentera, puisque davantage d'atomes d'uranium seront brisés. Pour réguler le flux des neutrons, on utilise des "barres de contrôle", faites d'un matériau absorbant fortement les neutrons, tel que le bore. Quand on insère ces barres de contrôle dans le cœur du réacteur, elles absorbent des neutrons qui briseront donc moins d'atomes d'uranium et la puissance diminue. A l'inverse, si ces barres de contrôle sont retirées du réacteur, les neutrons ne seront plus absorbés et la puissance augmente.
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